Chronographe à bande enfumée Boulitte

Perin ; Perin

Résumé
Le sondage optique au théodolite optique avec un ballon pilot ne pouvant se faire par temps de brume ou avec des nuages très bas, ce qui arrive souvent en hiver dans le nord de la France, les météos militaires ont eu recours pendant la Première Guerre Mondiale au sondage par le son. Cette méthode consiste à équiper des petits ballons avec des pétards qui éclatent à différentes altitudes, le deuxième pétard éclatant plus haut que le premier et ainsi de suite. Des appareils de repérage par le son (sept microphones) sont placés à différents endroits autour du point de lancement du ballon et enregistrent les explosions, ce qui permet de déterminer la position dans l'espace des points d'éclatement des pétards : chaque micro enregistre le bruit avec un décalage dû à la fois à la distance mais aussi au vent, et donc la position d'éclatement des ballons successifs. Les ballons utilisés sont des ballons "pilot" qui sont gonflés avec de l'hydrogène et de façon à monter à vitesse constante. La trajectoire des ballons est ensuite tracée comme pour un sondage au théodolite et la connaissance des temps écoulés entre les différents éclatements permettent de déterminer la vitesse et la direction moyenne du vent entre les altitudes où se sont produites deux explosions consécutives. Chacun des sept microphones transmet le signal qu'il capte à un oscillographe qui, avec une plume, trace une ligne sur une bande de papier noircie au noir de fumée. Cette bande de papier fait 230 mètres de long et mesure 30 millimètres de large. Elle est enroulée sur une bobine qui se dévide et passe dans un enregistreur. Cet enregistreur est composé d'une roue mobile, mue par un mouvement d'horlogerie et dont la vitesse est maintenue constante par un régulateur. Cette roue entraîne la bande de papier dans une cuve d'enfumage où elle est noircie. Sur la bande, les plumes des oscillographes tracent des droites parallèles qui sont interrompues par l'arrivée des ondes acoustiques ou de tops (signaux déclenchés à intervalles réguliers pour faciliter le dépouillement du sondage), soit des courbes et des signaux de formes variables. On recueille ensuite la bande sur laquelle sont inscrites cote à cote les 7 courbes correspondant aux 7 microphones. L'éclatement d'un pétard se traduit par des oscillations petites et rapides placées au-dessus de la trace rectiligne de la plume quand l'oscillographe est au repos alors qu'un top se traduit par des hachures de part et d'autre de la ligne. On mesure à l'aide d'un transparent spécial les écarts entre les signaux, puis à l'aide d'abaques, on obtient les distances parcourus. Les positions d'éclatement sont ensuite construites géométriquement sur un diagramme pour obtenir la vitesse et la direction moyenne du vent aux différentes altitudes. Les tiges métalliques verticales fixées sur la platine portaient les différents oscillographes. La méthode du sondage par le son a été enseignée à l'observatoire de Trappes jusqu'à la généralisation du radiosondage au début des années 1930.

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