Quel devenir pour l'écologie politique ?
Bourg, Dominique
Where Is Political Ecology Heading?
Si l'on examine le sommaire du <a href="https://www.futuribles.com/revue/numeros/?id=49048" rel="noreferrer noopener" target="_blank">tout premier numéro de la revue <em>Futuribles</em></a>, paru en janvier 1975, la plupart des titres des articles publiés pourraient trouver leur place en 2025, à commencer par ceux relevant de problématiques écologiques : « Les limites au gaspillage », « La protection des espaces littoraux », « Autoroute ou forêt ? » ; et en particulier le tout premier, « La civilisation de l'éphémère », signé par Bertrand de Jouvenel. Après avoir ouvert sa réflexion par une analyse de « la loi de destruction accélérée », le fondateur (en 1960) du comité international Futuribles concluait alors par ces mots : « [...] n'est-il pas plus important encore que les générations à venir puissent jouir [...] dans leur vie quotidienne de la beauté des paysages à laquelle chaque génération aura ajouté ? [...] ne faut-il pas redistribuer géographiquement nos activités et réduire leur nocivité [...] ? Ne faut-il pas à la France et à l'Europe une politique patrimoniale [...] ? N'est-ce pas là une mission fondamentale des autorités politiques, négligée à l'extrême durant la période récente ? Voyons-nous l'aube d'une autre période ? Ou bien ne saurons-nous pas échapper à la puissante logique de la destruction accélérée ? C'est un thème pour un auteur de science-fiction qu'une société qui ne ferait que de l'éphémère, de plus en plus éphémère, et qui se trouverait un jour surprise dans cet état par des impossibilités concrètes de renouvellement. »</p><p style="text-align: justify;">Cinquante ans plus tard, cette problématique de préservation du cadre de vie et de destruction accélérée de l'habitabilité de nos territoires reste entière. Pire, elle a pris une envergure planétaire et en dépit des alertes, expertises et mobilisations de chercheurs ou militants écologistes, en dépit des multiples événements climatiques dramatiques qui jalonnent les saisons, à intervalles de plus en plus réduits et sur tous les territoires, comme le rappelle ici Dominique Bourg, rien ne paraît pouvoir enrayer la mise à mal de notre environnement. L'écologie politique, née dans les années 1970 et que notre revue fut parmi les premières à défendre, n'a pas trouvé sa place. Y a-t-il un espoir que cela change et que soient engagées des mesures politiques à la hauteur des enjeux ? Dominique Bourg revient, dans cet article, sur l'échec patent de la prise en main politique des enjeux écologiques, sur le déni général qui les entoure, la faillite morale qui s'y ajoute... Reste-t-il encore suffisamment de temps pour éviter le pire ?</p>
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